Ça se passe sur une radio du service public, France culture, un journaliste ''bien pensant'' parle de la banlieue, avec tous les clichés possibles. mais c'est un artiste et il est de gauche alors, lui, il peut tput dire...Ah si une journal de droite en avait dit le quart de la moitié ! on se souvient combien on a souffert , ici a Argenteuil, de l'emploi d'un mot ''Racaille''. ici, on en est loin. même le Nouvel Observateur a été choque.
Sur France Culture, on conseille d’éviter la banlieue après 16 heures
Pablo Limon
TRIBUNE
Mercredi matin, peu avant 9 heures, Philippe Trétiack, spécialiste d’architecture, journaliste au magazine ELLE et chroniqueur sur France Culture, présente sur la radio publique ses réflexions hebdomadaires.
LE PROJET
L’architecte Edouard François, pour son projet à Champigny-sur-Marne, compile trois types d’habitat en un bâtiment :
au rez-de-chaussée, des maisons de ville ;
au-dessus, un échantillon de barres HLM ;
au sommet, six pavillons.
Sa chronique de ce mercredi 21 novembre porte sur des bâtiments construits dans cette zone considérée comme un « no man’s land » absolu par Philippe Trétiack : la banlieue parisienne [il s’agit de 114 logements créés par l’architecte Edouard François à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne), ndlr].
Cachant mal son excitation à nous parler d’un lieu qui lui paraît si exotique, ce journaliste nous apprend que les immeubles en question sont tellement hors du commun qu’ils en constitueraient presque « un centre-ville qui n’aurait aucune périphérie autour. [...] Ça vaut toutes les installations d’artistes que vous avez dans les musées »
En bon journaliste du service public, Philippe Trétiack s’essaye alors à convaincre l’auditeur de tenter l’aventure pour se rendre sur place en faisant usage d’un argument imparable : l’édifice serait l’égal d’une installation d’art contemporain, seule raison valable à ses yeux pour que son cher public aille s’aventurer au-delà du périphérique.
Eviter les « ados désœuvrés »
Philippe Trétiack reconnaît que l’idée est saugrenue. Aller en banlieue ? Pour voir du logement social ? Désirant montrer à son auditoire que son snobisme consistant à émettre ce genre de proposition n’est heureusement que pur verbiage, le chroniqueur prévient les « pionniers » qui s’y risqueraient :
« C’est quand même un quartier dur. Ça veut dire qu’il faut quand même pas y aller le mercredi, il faut pas y aller le samedi matin.
Je ne veux ostraciser personne, mais enfin c’est quand même des endroits où quand vous êtes pas du coin, on vous repère, et parfois il peut y avoir des télescopages un peu violents. »
Des télescopages... Insultes ? Vols ?
Les immeubles construits par Edouard François à Champigny-sur-Marne, le 17 janvier 2012 (PIERRE VERDY/AFP)
A ses collègues lui en demandant la raison, il explique qu’il s’agit de moments où les ados sont désœuvrés.
Des jeunes délinquants et paresseux
Il ajoute :
« Tous les gens vous diront que dans les cités dures, il faut pas y aller à partir de 4 heures de l’après-midi, quand les gens se réveillent. »
Suggérer que les jeunes des quartiers sont des délinquants ne suffit donc pas. Il faut savoir être complet, faire montre d’exactitude. On est sur le service public après tout : tout le monde sait donc que les jeunes de ces quartiers se lèvent à 16 heures. Délinquants ET paresseux.
Ces mots auraient été prononcés à la télévision par Eric Zemmour, à une heure de grande écoute, nous aurions pu être choqués. Mais là, entre gens de gauche éduqués, pourquoi ne pas se permettre quelques plaisanteries ?
J’en ai encore des crampes d’estomac tellement ça m’a fait rire… J’ai éteint ma radio. J’avais la nausée. Bonne journée sur France Culture.