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l'actualité politique à argenteuil et dans le Val d'Oise

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SALLES DE SHOOT : DE L'AVEU D'IMPUISSANCE A L' ENCOURAGEMENT ?

Mardi 7 avril 2015, lors de l'examen du projet de loi Santé la majorité socialiste à l'Assemblée nationale a voté l’expérimentation de salles de shoot pour une durée de 6 ans.

DES ARGUMENTS FALLACIEUX

Marisol Touraine, Ministre de la Santé s’appuie sur l’avis de quelques experts et le bilan positif qu’ils ont tiré de ces expérimentations dans des pays étrangers, ce qui lui permet de mettre en avant une meilleure prise en charge des complications sanitaires liées à la prise de substances psycho-actives et la baisse de consommation des toxicomanes. C'est éminemment contestable. En effet, si les objectifs finaux peuvent paraître louables, le gouvernement fait fausse route sur les moyens à mettre en œuvre. La Ministre utilise des arguments fallacieux qui pour la plupart sont soit totalement faux soit invérifiables.

Première contre-vérité, les experts sont loin d’être unanimes : de nombreux spécialistes et organisations de santé nationales et internationales tentent depuis des années de tirer la sonnette d’alarme sur ces expériences qui ont été un désastre pour la plupart.

Ainsi Joséphine Baxter, vice-présidente de la Fédération Mondiale Contre les Drogues souligne que ces salles « entretiennent la dépendance aux drogues au lieu d'aider les gens à s'en débarrasser».

Il en va de même en France où le professeur Jean Costentin, président du Centre National de Prévention d’Etudes et de Recherches contre les Toxicomanies a indiqué que «l’ouverture des salles d’injection constituerait une erreur grave et irréversible, vis-à-vis de l’évolution des toxicomanies, et particulièrement chez les plus jeunes. »

Enfin, l'Académie de pharmacie et l’Académie de médecine ont émis un avis défavorable à ce sujet en précisant eux aussi que ce projet, au lieu de venir en aide aux toxicomanes, entretient les addictions. L’Académie de pharmacie a en outre mis également en avant le manque de données concernant la responsabilité des médecins et des pouvoirs publics en cas de complication médicale ou d'actes délictueux commis sous l'emprise de la drogue injectée, comme les accidents de la route.

Un premier avis confirmé par la mission parlementaire d’information commune sur les toxicomanies qui, après avoir entendu plus d’une centaine de personnalités qualifiées et procédé à une demi-douzaine de déplacements en France et à l’étranger, a conclu en juin 2011 que la transposition en France de l’expérience de centres d’injections supervisés serait extrêmement hasardeuse et n’est en conséquence pas souhaitable.

Pour ce qui est du bilan que l’on peut dresser des expérimentations qui ont eu lieu dans d’autres pays il va totalement à l’encontre des arguments avancés par le gouvernement.

La Suède, souvent citée pour être à la pointe de l’innovation sociale, a supprimé les salles d'injections en raison de leurs résultats peu convaincants.

En Allemagne, où on dénombre une vingtaine de salles, le nombre de décès liés à la drogue a baissé de 20 % entre 2010 et 2012. Mais, dans le même temps, le nombre de nouveaux consommateurs a grimpé de près de 15 %…

Deux études réalisées en Suisse ont constaté que dans ces salles, il y a plus de toxicomanes ayant augmenté leur consommation que ceux l'ayant baissée. À Rotterdam, 12 % des usagers ont fait état d'une baisse de leur usage de drogue, alors que 16 % reconnaissaient une consommation en hausse depuis leur fréquentation de la salle d'injections.

Au-delà de la hausse de la consommation, il a également été observé que certains toxicomanes rassurés par la présence de médecins dans ces lieux, s’administrent des doses de substances psycho-actives plus importantes, ce qui accroît le risque d’overdose. Ainsi cette sécurisation devient un encouragement et favorise la dérive.

LEGALISATION DE ZONES DE NON DROIT

Dernier point qui n’est pas abordé et pour cause : l’implantation des salles de shoot. L’implantation de telles salles entraine une concentration des toxicomanes, proies toutes désignées pour les dealers regroupés en ces lieux qui deviennent des supermarchés de la drogue clairement identifiables et identifiés, qui irradient bien au-delà du quartier ou de la ville d’implantion. C'est le cas de Genève où des toxicomanes français ayant traversé la frontière viennent se procurer de la drogue à proximité de la salle d’injection.

Quelle peut être la réponse sécuritaire quand on voit que le premier projet d’implantation la ville de Paris devait se faire au métro La Chapelle à deux pas du quartier de la Goutte d’Or déjà classé en Zone de Sécurité Prioritaire par le Ministère de l’intérieur. Faut-il mobiliser des forces de l’ordre supplémentaires ? Installer un poste de police sur place ? Ou sera-t-il demander aux policiers de fermer les yeux sur le trafic fait aux alentours des salles de shoot ? Soit on légalise des zones de non droit, soit on exerce le droit et elles deviennent non-opérationnelles en ne pouvant remplir la mission qui leur est confiée !

MOINS DE MOYENS POUR LA PREVENTION, LE SOIN, LA REPRESSION

Enfin, on ne peut pas ignorer le coût de telles mesures. Si cela n'est pas la principale objection à la mise en place de cette mesure, on sait qu'elle s'inscrit dans un budget extrêmement contraint. Si des crédits nouveaux peuvent être déployés, des centres de désintoxication, de sevrage, des actions de prévention, devraient à l'évidence en bénéficier en priorité.

D'un point de vue plus général, on ne peut bien sûr pas se satisfaire de la situation actuelle. Il faut tenir de l'existant, de l'échec ou de l'insuffisance des textes existants et des moyens déployés. Diverses initiatives pourraient et devraient être reprises et mises en cohérence dans une loi spécifique concernant la lutte contre les toxicomanies : prévention, répression, soins...

L'ouverture de salles de shoot, c'est au mieux un aveu d'impuissance, au pire une diversion.

Vice président du Conseil départemental du Val d'Oise

President de la commission action sociale-santé

Adjoint au maire d'Argenteuil

Mardi 7 avril 2015, lors de l'examen du projet de loi Santé la majorité socialiste à l'Assemblée nationale a voté l’expérimentation de salles de shoot pour une durée de 6 ans.

DES ARGUMENTS FALLACIEUX

Marisol Touraine, Ministre de la Santé s’appuie sur l’avis de quelques experts et le bilan positif qu’ils ont tiré de ces expérimentations dans des pays étrangers, ce qui lui permet de mettre en avant une meilleure prise en charge des complications sanitaires liées à la prise de substances psycho-actives et la baisse de consommation des toxicomanes. C'est éminemment contestable. En effet, si les objectifs finaux peuvent paraître louables, le gouvernement fait fausse route sur les moyens à mettre en œuvre. La Ministre utilise des arguments fallacieux qui pour la plupart sont soit totalement faux soit invérifiables.

Première contre-vérité, les experts sont loin d’être unanimes : de nombreux spécialistes et organisations de santé nationales et internationales tentent depuis des années de tirer la sonnette d’alarme sur ces expériences qui ont été un désastre pour la plupart.

Ainsi Joséphine Baxter, vice-présidente de la Fédération Mondiale Contre les Drogues souligne que ces salles « entretiennent la dépendance aux drogues au lieu d'aider les gens à s'en débarrasser».

Il en va de même en France où le professeur Jean Costentin, président du Centre National de Prévention d’Etudes et de Recherches contre les Toxicomanies a indiqué que «l’ouverture des salles d’injection constituerait une erreur grave et irréversible, vis-à-vis de l’évolution des toxicomanies, et particulièrement chez les plus jeunes. »

Enfin, l'Académie de pharmacie et l’Académie de médecine ont émis un avis défavorable à ce sujet en précisant eux aussi que ce projet, au lieu de venir en aide aux toxicomanes, entretient les addictions. L’Académie de pharmacie a en outre mis également en avant le manque de données concernant la responsabilité des médecins et des pouvoirs publics en cas de complication médicale ou d'actes délictueux commis sous l'emprise de la drogue injectée, comme les accidents de la route.

Un premier avis confirmé par la mission parlementaire d’information commune sur les toxicomanies qui, après avoir entendu plus d’une centaine de personnalités qualifiées et procédé à une demi-douzaine de déplacements en France et à l’étranger, a conclu en juin 2011 que la transposition en France de l’expérience de centres d’injections supervisés serait extrêmement hasardeuse et n’est en conséquence pas souhaitable.

Pour ce qui est du bilan que l’on peut dresser des expérimentations qui ont eu lieu dans d’autres pays il va totalement à l’encontre des arguments avancés par le gouvernement.

La Suède, souvent citée pour être à la pointe de l’innovation sociale, a supprimé les salles d'injections en raison de leurs résultats peu convaincants.

En Allemagne, où on dénombre une vingtaine de salles, le nombre de décès liés à la drogue a baissé de 20 % entre 2010 et 2012. Mais, dans le même temps, le nombre de nouveaux consommateurs a grimpé de près de 15 %…

Deux études réalisées en Suisse ont constaté que dans ces salles, il y a plus de toxicomanes ayant augmenté leur consommation que ceux l'ayant baissée. À Rotterdam, 12 % des usagers ont fait état d'une baisse de leur usage de drogue, alors que 16 % reconnaissaient une consommation en hausse depuis leur fréquentation de la salle d'injections.

Au-delà de la hausse de la consommation, il a également été observé que certains toxicomanes rassurés par la présence de médecins dans ces lieux, s’administrent des doses de substances psycho-actives plus importantes, ce qui accroît le risque d’overdose. Ainsi cette sécurisation devient un encouragement et favorise la dérive.

LEGALISATION DE ZONES DE NON DROIT

Dernier point qui n’est pas abordé et pour cause : l’implantation des salles de shoot. L’implantation de telles salles entraine une concentration des toxicomanes, proies toutes désignées pour les dealers regroupés en ces lieux qui deviennent des supermarchés de la drogue clairement identifiables et identifiés, qui irradient bien au-delà du quartier ou de la ville d’implantion. C'est le cas de Genève où des toxicomanes français ayant traversé la frontière viennent se procurer de la drogue à proximité de la salle d’injection.

Quelle peut être la réponse sécuritaire quand on voit que le premier projet d’implantation la ville de Paris devait se faire au métro La Chapelle à deux pas du quartier de la Goutte d’Or déjà classé en Zone de Sécurité Prioritaire par le Ministère de l’intérieur. Faut-il mobiliser des forces de l’ordre supplémentaires ? Installer un poste de police sur place ? Ou sera-t-il demander aux policiers de fermer les yeux sur le trafic fait aux alentours des salles de shoot ? Soit on légalise des zones de non droit, soit on exerce le droit et elles deviennent non-opérationnelles en ne pouvant remplir la mission qui leur est confiée !

MOINS DE MOYENS POUR LA PREVENTION, LE SOIN, LA REPRESSION

Enfin, on ne peut pas ignorer le coût de telles mesures. Si cela n'est pas la principale objection à la mise en place de cette mesure, on sait qu'elle s'inscrit dans un budget extrêmement contraint. Si des crédits nouveaux peuvent être déployés, des centres de désintoxication, de sevrage, des actions de prévention, devraient à l'évidence en bénéficier en priorité.

D'un point de vue plus général, on ne peut bien sûr pas se satisfaire de la situation actuelle. Il faut tenir de l'existant, de l'échec ou de l'insuffisance des textes existants et des moyens déployés. Diverses initiatives pourraient et devraient être reprises et mises en cohérence dans une loi spécifique concernant la lutte contre les toxicomanies : prévention, répression, soins...

L'ouverture de salles de shoot, c'est au mieux un aveu d'impuissance, au pire une diversion.

Vice président du Conseil départemental du Val d'Oise

President de la commission action sociale-santé

Adjoint au maire d'Argenteuil

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