LA LETTRE DE CONJUGUE A FRANCOIS HOLLANDE, PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE
Il ne faut surtout pas que les élus de l'opposition soutiennent le centre social associatif CONJUGUE, puisqu'on lui reproche (et même en très haut lieu) d'être "instrumentalisé par la droite". péché mortel à Argenteuil. Donc, je me contente de reproduire la LETTRE AU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE adressee par ses dirigeants. Seront ils instrumentalisées par le Président de la République ? C'est tellement simple de régler le problème : il suffit que la Municipalité tienne ses engagements votés par le conseil municipal.
Lettre de Conjugue a M. Hollande :
Monsieur le Président de la République,
Il y a un an votre arrivée au pouvoir suscitait un intense espoir ; on allait enfin rompre avec les abus de votre prédécesseur. A Argenteuil, comme partout ailleurs en France, un immense soulagement était ressenti par la jeunesse, les familles… Dans les administrations, dans les écoles asphyxiées par les coupes budgétaires, on soufflait.
C’est dans ce contexte que notre Centre Social associatif Conjugue, que vous nous avez fait l’honneur de visiter en 2007, devait récupérer de nouveaux locaux qu’une convention signée par la ville lui accordait pour continuer l’ œuvre d’animation et de cohésion sociale qu’elle mène depuis 25 ans sur les quartiers du Val d’Argent Nord à Argenteuil.
Mais voilà qu’une déplorable injustice va balayer des années de travail, d’efforts concertés qui ont permis de souder un quartier, de créer un lieu propice au dialogue, à l’entraide, à l’accompagnement, où équipe salariée et bénévoles dans une abnégation totale favorisent les échanges, les solidarités et l’éducation populaire.
En effet, Philippe Doucet, le député maire d’Argenteuil au mépris d’un engagement écrit, revenant sur une parole donnée, a décidé sous de fallacieux prétextes d’attribuer les locaux promis à un autre centre social qu’il aura lui-même créé.
La population médusée, révoltée ne comprend pas et cherche encore dans la politique argenteuillaise de Monsieur Doucet, les principes que vous égrenâtes un soir, dans une mémorable envolée anaphorique qui posait les jalons du renouveau.
« Moi président de la République, je ferai en sorte que mon comportement soit en chaque instant exemplaire »
Lui, Député-Maire, abusant de son pouvoir, cherche à étouffer depuis 19 mois notre association en ne lui versant pas les subventions qui lui sont pourtant dues. Il élude nos questions, il profère de fausses accusations, il dénigre les actions que nous menons dans ce quartier qu’il traite de « ghetto ».
« Moi président de la République, il y aura un code de déontologie pour les ministres, qui ne pourraient pas rentrer dans un conflit d’intérêts. »
Lui, Député – Maire est en plein dans un conflit d’intérêts et plus encore un conflit de personnes. Peut-on parler de déontologie, de morale lorsque tout le monde sait que la condamnation de notre Centre Social tient avant tout à la volonté d’éliminer son Directeur Hamou AGUINI qui n’aurait pas dû selon Philippe Doucet se présenter aux dernières législatives ? Depuis aveuglé par une vindicte incompréhensible, Monsieur Doucet préfère taire les voix de la raison et ignorer l’indignation d’une population qui se sent sacrifiée, méprisée, spoliée, volée.
« Moi président de la République, je ferai en sorte que les partenaires sociaux puissent être considérés, aussi bien les organisations professionnelles que les syndicats, et que nous puissions avoir régulièrement une discussion pour savoir ce qui relève de la loi, ce qui relève de la négociation. »
Lui, Député – Maire refusant toute médiation, toute entrevue, toute discussion, choisit délibérément d’écarter notre association, partenaire incontournable, précieux intermédiaire entre la Ville et des populations en pleine intégration.
« Moi président de la République, j’essaierai d’avoir de la hauteur de vue, pour fixer les grandes orientations, les grandes impulsions, mais en même temps je ne m’occuperai pas de tout, et j’aurai toujours le soucis de la proximité avec les Français. »
Lui, Député – Maire perd de la hauteur en assouvissant une vengeance personnelle et sa politique arbitraire est précisément en train d’éliminer ce qui faisait le lien avec les habitants du Val Nord.
En totale contradiction avec ce que vous avez prôné, Philippe Doucet foule donc aux pieds les principes de respect, de tolérance, de liberté d’expression et d’opinion.
Vous-même, monsieur le Président de la République, du plus haut sommet de l’Etat, avez honoré monsieur Hamou AGUINI de la médaille de Chevalier de l’Ordre National du Mérite au mois de novembre 2012.
Devant cette révoltante injustice, devant ce manque de morale politique, l’association Conjugue et les habitants du Val Nord se mobilisent. Ils crient au scandale ; scandale de voir des emplois détruits !
Quoi donc ! La crise seule ne suffit plus à créer du chômage ? Il faut aussi que ceux qui sont sensés en être le rempart, ceux de qui doivent émaner les solutions anti-crise, en deviennent le bras armé et hâtent ses effets en précipitant sans vergogne des salariés dévoués dans les abîmes du licenciement… de la perte d’emploi… de la recherche d’emploi ?
Mais ce ne sont pas simplement des emplois qui sont menacés. C’est tout le tissu social qui se crispe, se fissure, c’est toute cette cohésion sociale si habilement négociée mais si fragile encore dans des banlieues où la jeunesse se sent délaissée, que de tels choix vont remettre en cause.
Des liens s’étaient tissés, un dialogue constant avec les femmes, les jeunes. Les familles bénéficiaient d’un encadrement sur-mesure et la municipalité pouvait compter sur un interlocuteur de choix, un relais compétent et efficace, au plus près des besoins des habitants qui se sont toujours reconnus dans cette structure assurant depuis longtemps un service public de qualité dans un climat de confiance et de tolérance.
Qui donc entendra Conjugue et ses 700 adhérents ? Qui donc entendra ces familles que l’on veut priver d’un lieu qu’elles ont contribué à faire vivre, à dynamiser ?
Vous Monsieur le Président, notre dernier recours, peut-être arriverez-vous à faire entendre raison à monsieur Doucet qui s’éloigne dangereusement de votre ligne politique prônant plus de justice ? Peut-être saurez-vous arbitrer avec sagesse ce conflit en lui rappelant que faire de la politique c’est avant tout respecter et entendre des électeurs qui lui ont fait confiance, que la politique c’est savoir cerner leurs besoins et savoir y répondre ? Peut-être qu’un rappel à l’ordre du plus haut sommet de l’Etat le forcera à considérer la quantité négligeable qu’à ses yeux nous semblons être puisqu’il n’a daigné nous accorder une entrevue et répondre à nos multiples interpellations, qu’au bout de deux mois de conflit.
Mais la spoliation de notre équipement a déjà été actée en Conseil Municipal le 8 avril 2013 et tous les rendez-vous pouvons appeler à une conciliation n’ont abouti à rien.
Parce que nous croyons profondément en la justice, parce que nous savons que vous êtes un politicien intègre, sincère et engagé qui saura comprendre notre combat, nous vous remercions déjà pour toutes les actions que vous saurez mettre en œuvre pour nous aider et nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de notre immense respect.
Monsieur le Président, nous vous demandons solennellement d’intervenir.
Permettez-nous de garder l’espoir.
Argenteuil, le 11 Juillet 2013