Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

l'actualité politique à argenteuil et dans le Val d'Oise

Publicité

"L'enfant face aux conflits parentaux". Intervention de Philippe Métézeau

L’enfant face aux conflits parentaux

un colloque orgabisé par le Conseil général du Val d'oise.

Jeudi 31 mai 2012

Discours introductif de M. Philippe METEZEAU

 

31 2La problématique de « l’enfant face aux conflits parentaux » est au cœur de notre mission de protection de l’enfance et je vous remercie vivement d’être venus en nombre pour l’aborder et en débattre tous ensemble.

Déjà, il y a deux ans, un colloque « Adolescents et conduites à risques » avait été organisé ici-même dans la vallée de Montmorency et avait remporté, on me l’a dit, un grand succès tant autour de la participation des agents que celle des partenaires.

Je constate avec plaisir que votre volonté de réfléchir, d’échanger, de partager autour de vos pratiques professionnelles et contribuer ainsi à améliorer le sort de nos enfants ne faiblit pas.

 

Avant de préciser les objectifs de cette matinée, permettez-moi de vous livrer de façon un peu brute, quelques éléments chiffrés qui introduisent, je crois, assez bien le contexte dans lequel s’inscrit cette conférence.

 

2 268, c’est le nombre de divorces qui ont été prononcés en 2009 dans le Val d’Oise pour       4 582 mariages célébrés. Soit un taux de divorce de 50% . Pour comprendre l’ampleur de ce phénomène, il convient de rappeler qu’en 1970, ce taux ne dépassait pas les 10%.

 

31 1En moyenne, au niveau national, 6 divorces sur 10 impliquent des enfants mineurs. Et il est généralement admis qu’un enfant sur trois ne voit plus l’un de ses deux parents un an après le divorce.

 

Certes, et heureusement, tous les conflits parentaux ne conduisent pas à un divorce. Et tous les divorces ne provoquent pas des troubles et des angoisses chez les enfants.

 

Il faut toutefois savoir qu’entre 2009 et 2010, le  nombre d’enfants ayant fait l’objet d’une information préoccupante a augmenté de 18% (3 242 enfants ont fait l’objet d’une telle information  entre février et décembre 2010).

 

3105Par ailleurs, on dénombrait dans le Val d’Oise, au 31 décembre dernier, 3 960 enfants et jeunes majeurs qui bénéficiaient d’une mesure de protection par l’Aide Sociale à l’Enfance ; une mesure qui peut deboucher sur differentes solutions, comme le placement en établissement, qui, surtout, peut avoir des conséquences graves sur l’équilibre et la santé des enfants et représente en outre un coût énorme pour la collectivité (environ 72 000 euros par an par enfant placé).

 

Malheureusement, ces décisions résultent encore trop souvent de conflits parentaux qui ont dégénéré et qui nécessitent un placement ou une prise en charge en urgence de l’enfant. Pourtant, lorsque bien accompagnés, de nombreux conflits peuvent être soit désamorcés, soit résolus dans des conditions aussi bonnes que possible pour le bien-être physique et moral des enfants.

 

Cette mission de conseil ou de médiation que vous réalisez au quotidien (en tant que médiateur ou conseiller conjugal et familial), est, nous le savons, de plus en plus difficile.

 

La loi de mars 2007, qui a contribué à accentuer la place et le rôle des parents, diversifier les modes d’interventions auprès des familles et favoriser une meilleure articulation entre les acteurs institutionnels, a bouleversé vos pratiques professionnelles

 

Ce sont ces différents constats qui ont conduit les directions de l’Enfance, de la Vie Sociale et de la Prévention Santé du Conseil général, à valider cette thématique de « l’enfant face aux conflits parentaux ».

 

Cette conférence-débat a pour objectif une meilleure approche du métier et des activités d’une conseillère conjugale et familiale et des articulations de nos pratiques professionnelles avec les associations de médiation3103 familiale.

 

Je tiens à remercier vivement les organisateurs de cette conférence et particulièrement Mesdames Elisabeth Christiny et Catherine Valhe, responsables des circonscriptions de Montmorency et St leu la Forêt, ainsi que Messieurs Carlos Jimenez et Laurent Letombe, respectivement médecin responsable de la PMI à Montmorency et Responsable de l’équipe enfance à Montmorency-Sannois.

 

Grâce à vous tous, ici présents, nous pouvons espérer améliorer

-         la détection des signaux d’alerte,

-         l’orientation des couples vers une thérapie familiale ou un service de soin,

-         les modes d’intervention à privilégier

-         l’organisation de la prise en charge et son financement

-         les circuits d’information

-         et plus largement, la protection que nous réservons à nos enfants

 

Une société se juge au sort qu’elle réserve à ses enfants, aux soins, à la protection, à l’éducation qu’elle leur apporte et aux perspectives d’avenir qu’elle leur offre.

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
J
Merci pour ce commentaire fort intéressant.
Répondre
A
(10A314A01). NE SERAIT-CE PAS PLUTÔT, «FACE AUX ABANDONS DES DEVOIRS DU CERCLE FAMILIAL» ? De mon temps (comme disent les personnes de mon âge) les familles qui ne pouvaient pas ou ne voulaient pas<br /> ou ne voulaient plus s’occuper de leurs enfants, les abandonnaient à l’assistance publique, lesquels enfants devenaient de facto : Pupilles de la nation. C’était plus direct. Aujourd’hui, c’est<br /> beaucoup plus subtil : Les parents n’abandonnent plus leurs enfants, ils ne s’en occupent plus ... !<br /> <br /> Les droits et devoirs à assumer et à transmettre, concernant les engagements éducatifs des enfants, se dispersent, se divisent et finalement se paupérisent, s’égarent et se perdent. Les parents<br /> semblent avoir perdu le sens premier du cercle familial : Élever et éduquer leurs propres enfants. Qui détient vraiment aujourd’hui, les compétences d’éducation des enfants ? Le cercle familial,<br /> l’Éducation nationale, les services publics ? Les pouvoirs publics laissent à penser que tout peut se «redresser» par les services des fonctions politiques et publiques, dès lors qu’elles sont<br /> assurées d’avoir assez de pouvoirs, d’argent et de ressources humaines et matérielles, pour le faire.<br /> <br /> Bien sûr qu’il est nécessaire de prendre en compte la pauvreté et la précarité. Nul ne peut contester que ces éléments puissent être à l’«origine» d’un processus de dégradation des engagements du<br /> cercle familial. Il est tout aussi évident que l’analyse connexe et complexe des éléments de dégradation d’une situation donnée, font apparaître des conflits de perception (sentiments, intuitions,<br /> émotions, etc. …), de raisonnement (opinions, réflexions, concepts, etc. …) et de jugement (décisions, engagements, actions, etc. …). Les causes et les effets sont subjectifs et donc assujettis à<br /> chaque personne et non à un groupe de personnes. C’est pourquoi, il est nécessaire d’apporter et d’ajuster le plus juste accompagnement possible, à chaque enfant, dans le souci de solidarité,<br /> d’équité et de réciprocité.<br /> <br /> Vouloir être «à la fois» dans la rue et à la fenêtre en train de se regarder passer, provoque humainement des antagonismes, controverses et affrontements. Les redondances et chevauchements de<br /> compétences (ou d’incompétences ...) entre les divers échelons des intervenants, créent à la fois un éclatement de la responsabilité (ou de l’irresponsabilité ...), la paralysie de la décision et<br /> la déroute des administrés imposables, qui constatent une dépense toujours croissante.<br /> <br /> Toute chose égale par ailleurs, la «compétence» s’analyse à partir de son contraire à savoir l’«incompétence». Toujours «plus» de demande de «responsabilités» dépendantes des institutions<br /> (sous-entendu de responsables des fonctions politiques et publiques) font «oublier» les «irresponsabilités» du cercle familial qui, aujourd’hui, délègue aux fonctions politiques et publiques, des<br /> pans entiers d’éducation assurée avant par le cercle familial.<br /> <br /> Cela provoque ou génère, au sens guerrier du terme (provocation), des situations de suspicion, d’antipathie, de ghettoïsation qui amène la population à se grouper et petit à petit à se détester par<br /> clans ou classes politiques et sociales. L’expression «cohésion sociale» s’apparente à l’expression «confiance en la société». Les conditions de «cohésion sociale» ne se réfèrent pas seulement à la<br /> chasse aux inégalités, mais aussi à un sentiment de sérénité et de confiance.
Répondre