l'actualité politique à argenteuil et dans le Val d'Oise
La commémoration de la libération d'Argenteuil et du sacrifice des Capitaine Chauvelot, Commandant Doué et Lieutenant Morels à la butte d'Orgemont dimanche 31 août est l'occasion de rappeler le rôle joué par Radio Cité, et la place qu'à tenu Argenteuil dans l'aventure de la radio.
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En 1935, Marcel Bleustein-Blanchet rachète Radio-L.L., petite station radiophonique qui avait l'avantage d'émettre sur Paris, mais souffrait de limites techniques qui limitaient son audience.
Il modifie le nom de la station en "Radio-Cité " qui nait donc officiellement le dimanche 15 septembre 1935. Georges Mandel, alors ministre des PTT, signe l'arrêté qui autorise le transfert de l'émetteur de Radio-L.L. en banlieue parisienne, à 280,9 mètres de longueur d'onde. Survolant Argenteuil, Marcel Bleustein-Blanchet repére des possibilités a Argenteuil.
Malheureusement, le terrain choisit pour planter l'émetteur présente quelques difficultés, puisque le maire d'Argenteuil Victor Dupouy refuse l'implantation de l'émetteur dans le quartier "Balmont"(arrêté municipal du 10 avril 1936). Il reproche au nouvel émetteur d'empêcher la réception des autres stations de radio et de gêner les radio-amateurs. Cette campagne est relayée par le journal L´Humanité . Un grand meeting de protestation est d'ailleurs organisé à Argenteuil en juin 1936. Un accord est finalement trouvé l'année suivante lorsque Radio cité accepte de verser 30000 francs aux œuvres de la ville. Dès lors Radio-Cité peut être entendue sur toute l’île de France.
Mais un autre coup dur d'une toute autre nature survient alors pour Radio Cité. Le journal l'Intransigeant qui alimentait le journal parlé "la Voix de Paris"le trouve "trop à gauche"! . Le 31 janvier 1937 les principaux membres de la Voix de Paris sont licenciés par le quotidien, avant que les deux partenaires trouvent enfin un accord.
Radio-Cité, entièrement financée par la publicité va alors connaître un développement très important auprès d'un public populaire. Cette station lance des émissions qui deviendront "émissions cultes" comme l'on dira plus tard : la famille Duraton, Sur le banc, le crochet radiophonique, la minute de Saint Granier, les chansonniers. Des élèves d'écoles d'Argenteuil participent aussi a certaines émissions... Des artistes de renom ou alors débutants participeront a ses programmes : charles Trenet, Edith Piaf, pierre Dac, ...
En parallèle, l'audience de Radio cité et sa renommée lui permettent d'obtenir ce que nous appèlerions maintenant des scoops . Par exemple, c'est à Radio cité que le président du Conseil Léon Blum réserve son premier commentaire lors de l’Anschluss.
Mais la guerre arrive. À la signature de l’armistice, tous les émetteurs situés en zone occupée passent sous contrôle allemand. Radio-Cité ne fait pas exception est diffuse les émissions de Radio-Paris noyée sous la propagande nazie...
A la libération, on comprend l'importance stratégique de "reprendre" Radio-cité, et l'acte courageux des capitaine Chauvelot, Commandant Doué et Lieutenant Morels. On comprend aussi que les nazis aient tout fait pour les en empêcher ! Après les avoir assassines, Les allemands feront sauter les pilonnes émetteurs, réduisant Radio cité au silence.
L'Etat s'attribuant le monopole de la radiodiffusion, Radio Cité devra disparaître en tant que telle, laissant d'autres émetteurs dit périphériques, prendre la suite. C'est ainsi que ses émissions les plus célèbres seront reprises, diffusées et popularisées par Radio Luxembourg (l'ancêtre de RTL).