l'actualité politique à argenteuil et dans le Val d'Oise
Je porte à votre connaissance la lettre adressée au Président du Conseil général, au nom des élus de l'UVO par notre président de groupe M. Arnaud Bazin.
Le non remplacement du Directeur général des services (premier responsable de toute l'administration) désorganise complètement la gestion du Conseil général, et politise (au sens partisan du mot) ce service public.
Vous noterez au passage que cette situation départementale n'est pas sans ressemblance avec la situation de la ville d'Argenteuil où l'administration est de plus en plus soumise à la pression de quelques politiques et d'un cabinet du Maire omniprésent. Le pouvoir de décision doit certes rester aux élus, mais l'administration a un devoir de réserve qui doit être respecté par ces mêmes élus.
De nombreux agents municipaux et leurs représentants dénoncent cette situation.
Cette ambiance de "flicage" et de suspicion permanente explique pour beaucoup le peu d'agents ayant répondu à l'invitation aux voeux du maire le vendredi 8 janvier.
Lettre d'Arnaud Bazin au président du Conseil général.
Monsieur le Président,
Depuis plusieurs mois maintenant, la direction générale de l'administration départementale n'est plus assurée, du fait du départ volontaire de celui qui occupait le poste pour des raisons et dans les conditions que chacun connaît et sur lesquelles je ne souhaite pas revenir ici même s'il y aurait beaucoup à en dire.
Cette vacance vous place dans une situation délicate et inédite car le directeur général des services est à la charnière du politique et de l'administratif. Il est à cet égard le garant que l'intérêt de l'institution, donc des valdoisiens, prime toujours sur celui, plus partisan, du politique.
Interrogé sur la vacance de ce poste-clé à plusieurs reprises, vous n'avez cessé de nous rétorquer que cela était votre affaire et, qu'en tout état de cause, un nouveau directeur général serait recruté très rapidement. Cet engagement a même été pris publiquement, de façon répétée, devant l'administration départementale.
Pourtant, les semaines passent et nul ne sait dire si et quand un nouveau DGS prendra ses fonctions. Cette vacance de poste est même l'objet d'une forte préoccupation chez les 4000 collaborateurs du Conseil général car ils savent le rôle déterminant que joue le directeur et son équipe dans la mise en œuvre de la politique décidée par l'assemblée départementale.
C'est au nom de ces 4000 personnes mais également au nom des élus - nombreux, y compris dans votre propre majorité - que je me permets de vous interpeller aujourd'hui pour vous faire part de notre extrême préoccupation.
La nature ayant horreur du vide, le départ hâtif du précédent DGS a fait naître un mode de gouvernance et de fonctionnement qui n'est pas satisfaisant de notre point de vue.
Nous vous avions, dés votre élection, mis en garde contre la tentation de mettre l'administration sous la tutelle du politique. La composition de votre cabinet nous laissait penser que ce risque était réel. A l'évidence, nous ne nous étions pas trompés et ce phénomène est encore plus net depuis le départ de votre directeur général.
Dans toute collectivité, a fortiori lorsqu'elle est aussi importante que la nôtre, le rôle de chacun doit être balisé : les élus doivent décider des orientations politiques pour l'institution, les personnels administratifs et techniques doivent la mettre en œuvre et les collaborateurs politiques du cabinet doivent s'occuper des affaires partisanes.
Tout mélange des genres, qui permettrait aux uns de s'immiscer dans le champ de l'autre, serait néfaste pour la cohérence de l'action et dangereux sur le plan éthique et moral.
Aujourd'hui nous ne pouvons que constater et regretter, que ce mélange des genres est une réalité.
De la même façon, les élus doivent remplir leur rôle, tout leur rôle, mais rien que leur rôle : que les élus de votre majorité aient délégué, volontairement ou non, leur pouvoir de décision à un collaborateur de cabinet, fût-il le premier d'entre eux, cela nous navre mais les regarde.
En revanche, il nous paraît inquiétant pour l'indépendance de l'administration que des élus exercent une tutelle pressante sur les collaborateurs des administrations relevant de leurs délégations, remettant ainsi en cause la légitimité des personnels d'encadrement. Les exemples sont nombreux et les plus récents ne sont pas passés inaperçus pour le personnel. Il est très dérangeant pour nous que quelques élus s'arrogent le droit de venir vérifier que les agents de l'institution départementale font bien leur travail et fassent ainsi régner un climat de "flicage" et de suspicion généralisée.
Ces éléments expliquent qu'il y a aujourd'hui une perte de confiance des collaborateurs dans leur institution et ceux qui la pilotent sur le plan politique.
Cette fracture entre l'administration du département et les élus, nous ne souhaitons en être ni les complices, ni les spectateurs passifs. Personne ne comprendrait que face à une telle situation, dont chacun sait qu'elle se dégrade rapidement, vous ne preniez pas vos responsabilités en qualité de président de l'assemblée départementale.
Je vous invite donc à prendre dés aujourd'hui les mesures indispensables à la restauration d'un climat de confiance réciproque entre les élus et l'administration départementale. La tutelle qu'entendent exercer vos collaborateurs politiques ainsi que quelques-uns des membres de votre exécutif sur l'administration doit donc cesser.
De la même façon, je souhaiterais avoir des informations sur vos projets quant à la direction générale des services. Car, bien que l'intérim en soit aujourd'hui assuré, cette solution ne pourra durer dans le temps. D'abord parce que le directeur général adjoint assurant cet intérim doit pouvoir remplir sa mission première dans des conditions satisfaisantes, ce qui ne peut pas être le cas aujourd'hui compte tenu de sa charge de travail. Ensuite parce qu'une institution comme le Conseil général du Val d'Oise ne peut pas fonctionner sans directeur général.
Sauf à penser que vous avez pris la décision, sans la rendre publique, de ne pas remplacer le directeur général (ce qui vous permettrait de faire des économies bienvenues dans un contexte budgétaire paraît-il catastrophique), je vous demande donc d'informer les élus et les collaborateurs du Département de vos intentions.